# Journée type d’un bébé de 1 mois : rythme, sommeil et repas
Le premier mois de vie d’un nourrisson représente une période d’adaptation intense, aussi bien pour le bébé que pour ses parents. Durant ces quatre premières semaines, le nouveau-né développe progressivement ses rythmes biologiques, encore loin de la régularité circadienne des adultes. Comprendre la structure quotidienne d’un bébé d’un mois permet aux parents de mieux répondre à ses besoins fondamentaux et de créer un environnement propice à son développement harmonieux. Cette connaissance des cycles naturels du nourrisson aide également à réduire l’anxiété parentale face aux pleurs, aux réveils nocturnes fréquents et aux variations d’appétit qui caractérisent cette étape cruciale.
À cet âge, le bébé passe entre 16 et 20 heures par jour à dormir, réparties en plusieurs périodes tout au long du jour et de la nuit. Son système nerveux immature ne lui permet pas encore de distinguer clairement le jour de la nuit, ce qui explique la fragmentation de son sommeil. Chaque nourrisson possède son propre tempérament et ses besoins spécifiques, mais certains schémas physiologiques restent universels et permettent d’établir des repères temporels pour organiser la vie familiale.
## Cycles de sommeil polyphasique du nourrisson à 4 semaines
Contrairement aux adultes qui suivent un rythme monophasique avec une longue période de sommeil nocturne, les bébés d’un mois présentent un sommeil polyphasique caractérisé par de multiples périodes de repos réparties sur 24 heures. Cette organisation reflète l’immaturité de leur horloge biologique interne, qui mettra plusieurs mois à se synchroniser avec l’alternance jour-nuit. Le sommeil total quotidien varie considérablement d’un enfant à l’autre, certains dormant jusqu’à 20 heures tandis que d’autres se contentent de 14 heures, sans que ces variations ne traduisent nécessairement un problème de santé.
### Phases de sommeil paradoxal et sommeil lent chez le nouveau-né
L’architecture du sommeil du nourrisson diffère profondément de celle de l’adulte. À un mois, le bébé passe environ 50 à 60% de son temps de sommeil en sommeil agité, équivalent du sommeil paradoxal, durant lequel son cerveau reste particulièrement actif. Pendant ces phases, vous observerez des mouvements oculaires rapides sous les paupières closes, des mimiques faciales, des sourires aux anges, des mouvements des membres et une respiration irrégulière. Cette activité cérébrale intense joue un rôle fondamental dans la maturation du système nerveux et la consolidation des apprentissages sensoriels de la journée.
Le sommeil calme, équivalent du sommeil lent profond, représente l’autre moitié du temps de repos. Durant ces périodes, le bébé reste immobile, sa respiration devient régulière et profonde, et son tonus musculaire diminue. C’est pendant le sommeil calme que sont sécrétées les hormones de croissance, essentielles au développement physique rapide caractéristique des premiers mois. Ces deux types de sommeil alternent au cours de chaque cycle, créant une succession de phases actives et calmes tout au long de la journée et de la nuit.
### Durée moyenne des cycles : 50 à 60 minutes par période
Un cycle de sommeil complet chez le nourrisson d’un mois dure environ 50 à 60 minutes, soit près de la moitié de la durée d’un cycle adulte qui s’étend sur 90 minutes. Chaque cycle débute généralement par une phase de sommeil agité,
puis se poursuit par une phase de sommeil calme. À la fin de chaque cycle, le nourrisson connaît un micro-réveil plus ou moins perceptible : il peut gémir, bouger les bras ou ouvrir les yeux quelques instants. S’il n’a ni faim, ni douleur, ni besoin d’être changé, il est tout à fait capable de se rendormir seul et d’enchaîner un nouveau cycle. Intervenir systématiquement à chaque micro-réveil peut au contraire perturber cette capacité naturelle d’auto-apaisement. Observer votre bébé quelques instants avant d’agir vous aide à distinguer un simple micro-réveil d’un véritable besoin.
Fenêtres d’éveil optimal : 45 à 90 minutes maximum
Entre deux cycles de sommeil, le bébé de 1 mois traverse des fenêtres d’éveil relativement courtes. En moyenne, un nourrisson de cet âge peut rester éveillé entre 45 et 90 minutes d’affilée avant de manifester des signes de fatigue. Au-delà, son système nerveux encore immature est rapidement saturé par les stimulations (lumière, bruits, manipulations), ce qui se traduit par une irritabilité croissante et des difficultés d’endormissement.
Pour organiser une journée type d’un bébé de 1 mois, il est utile de penser en séquences « repas – éveil calme – retour au sommeil ». Une courte période d’éveil de 30 à 60 minutes après la tétée suffit pour les soins, les échanges de regards et quelques minutes de jeu adapté. Si l’on prolonge trop ces temps d’éveil, le nourrisson risque de s’épuiser, de pleurer davantage et de trouver plus difficilement le sommeil, notamment en soirée où l’on observe souvent une agitation accrue.
Signes de fatigue et microsommeil : bâillements, regard fixe, poings serrés
Reconnaître les signaux précoces de fatigue est un point clé pour respecter le rythme de sommeil du nourrisson. Avant de fondre en larmes, un bébé de 1 mois envoie souvent des signaux plus discrets : bâillements répétés, regard qui se perd dans le vide, diminution de l’activité motrice, visage moins expressif. Certains bébés se frottent légèrement les yeux ou le visage contre l’épaule du parent, d’autres deviennent étonnamment silencieux après une phase d’éveil actif.
Les poings serrés, la crispation du visage, une succion plus frénétique sur la tétine ou la main peuvent aussi traduire un début de surmenage sensoriel. Si l’on n’intervient pas à ce stade pour proposer un environnement calme et un retour au lit, l’enfant peut entrer dans un état d’hyper-éveil où il semble lutter contre le sommeil, pleure difficilement consolable et dort ensuite de façon plus fragmentée. Mieux vaut donc coucher le bébé dès les premiers signes de fatigue plutôt qu’attendre qu’il « tombe de sommeil ».
Architecture du sommeil nocturne entre 0 et 4 semaines
La nuit d’un bébé de 1 mois n’a rien de comparable avec celle d’un enfant plus grand ou d’un adulte. L’architecture du sommeil nocturne reste très morcelée, avec des périodes de sommeil et d’éveil qui s’enchaînent selon les besoins alimentaires et la maturité neurologique. Comprendre cette organisation permet de relativiser les réveils nocturnes répétés et d’ajuster vos attentes : à cet âge, « faire ses nuits » n’est ni physiologique ni souhaitable sur le plan nutritionnel.
Fragmentation physiologique : 6 à 8 réveils par nuit
Entre la naissance et 4 semaines, il est courant qu’un nourrisson présente 6 à 8 éveils nocturnes, parfois plus. Certains de ces éveils sont liés à la faim et nécessitent une tétée, d’autres correspondent simplement aux micro-réveils de fin de cycle. Le bébé peut alors bouger, geindre ou laisser échapper quelques pleurs avant de se rendormir spontanément. Ces éveils fréquents constituent un mécanisme de protection : ils permettent notamment de vérifier l’état de la respiration, de la température corporelle et de la glycémie.
De nombreux parents s’interrogent : faut-il se précipiter dès le premier cri ? Dans le cadre d’une journée type d’un bébé de 1 mois, il est recommandé d’attendre quelques instants, d’observer à distance, puis d’intervenir si les pleurs se prolongent ou s’intensifient. Cette attitude soutient la capacité progressive de l’enfant à enchaîner les cycles de sommeil sans systématiquement réclamer une aide extérieure.
Durée totale : 8 à 9 heures cumulées sur 12 heures
Sur une plage nocturne de 12 heures (par exemple de 20h à 8h), un nourrisson de 4 semaines cumule en moyenne 8 à 9 heures de sommeil effectif, réparties en plusieurs épisodes. Il peut ainsi dormir 2 à 3 heures, se réveiller pour une tétée, rester un peu éveillé, puis se rendormir pour un nouveau bloc de 2 heures, et ainsi de suite. Ce morcellement du sommeil nocturne est compensé par de nombreuses siestes diurnes, expliquant pourquoi la répartition sommeil jour/nuit reste encore très équilibrée à cet âge.
Dans la pratique, cela signifie que même si vous couchez votre bébé à 21h, il est physiologique qu’il se réveille vers minuit, puis vers 3h et 6h pour manger ou être rassuré. Plutôt que de viser d’emblée une nuit complète, l’objectif réaliste des premières semaines est d’obtenir progressivement des blocs de 3 à 4 heures de sommeil consécutifs pour le bébé… et pour vous.
Rythme circadien immature et production de mélatonine
Le rythme circadien, c’est-à-dire l’horloge interne qui régule l’alternance veille-sommeil sur 24 heures, est encore très immature à un mois. La production endogène de mélatonine, cette hormone du sommeil sécrétée par la glande pinéale, démarre réellement autour de 8 à 10 semaines de vie. Avant ce cap, le bébé dépend en grande partie de signaux externes (lumière, bruits, routines familiales) pour commencer à différencier le jour de la nuit.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les nuits d’un nourrisson sont aussi fragmentées : son organisme n’a pas encore la capacité biologique de maintenir de longues périodes de sommeil nocturne consolidé. Vous constatez peut-être que votre bébé semble tout aussi éveillé à 3h du matin qu’à 15h ? C’est normal à cet âge et cela ne reflète pas un « mauvais dormeur », mais simplement un système chronobiologique en construction.
Distinction jour-nuit : techniques d’exposition lumineuse différenciée
Si l’on ne peut pas « forcer » un bébé d’un mois à faire ses nuits, on peut toutefois l’aider à poser les premiers repères jour/nuit grâce à quelques mesures simples. La plus importante consiste à différencier clairement l’ambiance lumineuse et sonore selon le moment de la journée. En journée, exposez votre enfant à la lumière naturelle en ouvrant les volets, laissez filtrer les bruits de la vie courante et gardez un ton de voix habituel, même pendant les siestes.
La nuit, à l’inverse, privilégiez la pénombre, limitez les stimulations (pas de jeux, peu de paroles, voix basse) et utilisez une veilleuse douce uniquement si nécessaire pour les soins. Cette exposition lumineuse différenciée agit comme un signal pour l’horloge interne : peu à peu, le bébé associe l’obscurité à des périodes plus longues de sommeil. Associer des routines répétitives – change, tétée calme, câlin, mise au lit – renforce encore cette distinction et participe à la mise en place progressive d’un rythme de sommeil plus nocturne.
Fréquence et durée des tétées selon le mode d’alimentation
La structuration d’une journée type d’un bébé de 1 mois repose largement sur son rythme alimentaire. À cet âge, le lait – maternel ou infantile – reste l’unique source de nutrition et représente aussi un puissant vecteur de réconfort. Le petit estomac du nourrisson se remplit et se vide rapidement, expliquant la fréquence élevée des tétées de jour comme de nuit. L’objectif n’est pas d’imposer un horaire strict, mais de s’appuyer sur des repères physiologiques pour répondre au mieux aux besoins de votre enfant.
Allaitement maternel à la demande : 8 à 12 prises par 24 heures
En cas d’allaitement maternel exclusif, on recommande un allaitement à la demande, c’est-à-dire offrir le sein dès que le bébé manifeste des signes de faim, sans regarder en premier lieu l’horloge. Un nourrisson de 4 semaines peut téter entre 8 et 12 fois par 24 heures, avec parfois des périodes plus rapprochées (toutes les 1h30 à 2h) et d’autres plus espacées (3 à 4 heures). Cette variabilité est normale et participe à la régulation de la production lactée.
Vous pouvez remarquer des phases de « tétées groupées » en fin de journée, où le bébé réclame le sein très fréquemment pendant 2 à 3 heures : on parle de cluster feeding. Ces épisodes, souvent épuisants pour les parents, sont néanmoins physiologiques et contribuent souvent à un bloc de sommeil un peu plus long dans la nuit. Là encore, l’observation des signaux du nourrisson reste le meilleur guide pour adapter la fréquence des tétées.
Lait infantile premier âge : volumes de 60 à 90 ml toutes les 3 heures
Pour les bébés nourris au lait infantile premier âge, les repères se basent davantage sur des volumes moyens et des intervalles indicatifs. À 1 mois, la plupart des nourrissons boivent entre 60 et 90 ml par biberon, toutes les 3 heures environ, soit 6 à 8 biberons par jour. Certains enfants, plus gloutons, peuvent prendre jusqu’à 120 ml par prise, tandis que d’autres se contentent de quantités plus modestes, l’essentiel étant que la courbe de croissance reste harmonieuse.
Il est préférable de ne pas forcer un bébé à finir systématiquement son biberon s’il détourne la tête ou ralentit nettement sa succion. De même, si un nourrisson termine régulièrement ses biberons et semble encore affamé, il peut être pertinent d’augmenter légèrement le volume proposé. En cas de doute sur les quantités de lait infantile par jour, un échange avec votre pédiatre ou votre sage-femme permet de sécuriser vos choix.
Signes de faim précoces : succion des mains, mouvements de bouche, agitation
Qu’il soit allaité ou nourri au biberon, un bébé de 1 mois exprime sa faim par des signaux progressifs. Avant les pleurs, souvent interprétés comme un appel tardif, on observe des signes de faim précoces : il cherche le sein ou la tétine en tournant la tête (réflexe de fouissement), ouvre et ferme la bouche, tire la langue ou porte ses mains à sa bouche en les tétant vivement. Son niveau d’agitation augmente, il peut pousser de petits gémissements, mais reste encore facilement apaisable par la mise au sein ou au biberon.
Attendre que le nourrisson pleure intensément avant de proposer à manger rend parfois la prise alimentaire plus difficile : il s’énerve, s’agrippe puis lâche le mamelon, avale plus d’air, ce qui peut majorer les coliques et les régurgitations. Repérer et respecter ces signaux précoces permet non seulement d’améliorer la qualité de la tétée, mais aussi de rendre le quotidien plus serein pour toute la famille.
Durée physiologique d’une tétée : 15 à 40 minutes au sein
La durée d’une tétée au sein à 1 mois varie beaucoup d’un bébé à l’autre, mais se situe en général entre 15 et 40 minutes, pauses comprises. Certains nourrissons sont efficaces et terminent un sein en 10 à 15 minutes, d’autres alternent succion active et moments de repos, étalant la prise sur une durée plus longue. Ce qui compte n’est pas tant la durée que la qualité de la succion : lèvres bien éversées, grandes goulées, déglutition audible et bébé détendu en fin de tétée.
Vous vous demandez s’il s’endort « trop vite » au sein ? Il est normal qu’un nourrisson se relâche en fin de tétée, mais il est utile, au cours de la journée, de privilégier des tétées où il reste éveillé et actif au moins 10 à 15 minutes par sein. Des petites stimulations douces (chatouiller la plante des pieds, lui parler, changer de sein) peuvent l’aider à reprendre une succion efficace. Au fil des semaines, son organisation deviendra plus régulière et ses tétées plus structurées.
Périodes d’éveil actif et stimulation sensorielle adaptée
Entre deux longues phases de sommeil, le nourrisson de 1 mois traverse de courts moments d’éveil calme ou actif, précieux pour son développement sensoriel et moteur. À cet âge, il n’a pas besoin de jeux sophistiqués ni de stimulations incessantes : votre voix, vos bras et quelques objets simples constituent déjà un univers très riche. L’enjeu est d’offrir des expériences variées mais limitées dans le temps, pour respecter la fragilité de son système nerveux.
Tummy time : 3 à 5 minutes sur le ventre en éveil calme
Le tummy time, ou temps sur le ventre en éveil, occupe une place importante dans la journée type d’un bébé de 1 mois. Installé sur un tapis ferme, sur votre poitrine ou sur vos genoux, le nourrisson reste quelques minutes en position ventrale, toujours sous surveillance rapprochée. Cet exercice, limité au départ à 3 à 5 minutes, 1 à 3 fois par jour, renforce les muscles de la nuque, du dos et des épaules, préparant progressivement le maintien de la tête et les futurs retournements.
Beaucoup de bébés protestent lors des premières séances de tummy time. Vous pouvez alors réduire légèrement la durée, utiliser votre propre torse comme support rassurant ou placer un petit rouleau (serviette enroulée) sous sa poitrine pour l’aider à relever la tête. Ce temps sur le ventre ne doit jamais se faire pendant le sommeil : pour la prévention de la mort subite du nourrisson, la position de couchage recommandée reste systématiquement le décubitus dorsal, c’est-à-dire sur le dos.
Contact visuel et distance focale optimale de 20 à 30 centimètres
La vue d’un bébé d’un mois est encore immature, mais suffisamment développée pour qu’il distingue les visages à courte distance. La distance focale optimale se situe entre 20 et 30 cm, soit à peu près l’espace qui vous sépare naturellement de lui quand vous le tenez dans vos bras ou lui donnez la tétée. C’est dans ce champ qu’il repère le mieux les contrastes, notamment les contours du visage, les sourcils, la bouche en mouvement.
Profitez de ces moments pour instaurer de véritables « conversations visuelles » : regard dans le regard, voix douce, mimiques exagérées, sourires. Vous serez peut-être surprise de voir votre bébé fixer votre visage quelques secondes, puis détourner les yeux pour se reposer. Ce va-et-vient entre attention et retrait est normal et montre sa capacité à réguler lui-même le niveau de stimulation sensorielle.
Portage physiologique et régulation du tonus musculaire
Le portage physiologique (en écharpe, sling ou porte-bébé adapté) s’intègre naturellement dans la journée type d’un nourrisson d’un mois. Placé en position dite « en M » – genoux plus hauts que les fesses, dos arrondi, tête bien soutenue et visage dégagé – le bébé retrouve des sensations proches de la vie intra-utérine : chaleur, balancements, bruits cardiaques, odeur de ses parents. Ce cocon sécurisant favorise la régulation du tonus musculaire, apaise certains pleurs et facilite parfois l’endormissement.
Le portage offre aussi au parent une plus grande liberté de mouvement tout en respectant le besoin de proximité intense du nouveau-né. Il convient toutefois de limiter les périodes de portage ininterrompu à environ 1 heure dans la même position, de vérifier régulièrement la température de l’enfant (surtout en été) et de s’assurer que les voies respiratoires restent parfaitement dégagées. Bien utilisé, le portage constitue un outil précieux pour gérer les fins de journée souvent plus agitées.
Chronobiologie et répartition circadienne des activités
Du point de vue de la chronobiologie, la journée type d’un bébé de 1 mois reste encore très « libre », mais certaines tendances se dessinent déjà. La répartition du sommeil entre le jour et la nuit, les pics de pleurs en soirée et les phases de tétées groupées obéissent à des mécanismes physiologiques en cours de maturation. Connaître ces grandes lignes permet d’adapter votre organisation familiale et de mieux anticiper les moments plus sensibles.
Ratio sommeil diurne-nocturne : 50-50 à un mois de vie
À 4 semaines, la répartition du sommeil entre le jour et la nuit est globalement équilibrée : on observe souvent un ratio proche de 50-50. Concrètement, cela signifie qu’un bébé qui dort 16 heures sur 24 peut en passer 8 la nuit (de manière fragmentée) et 8 en journée, réparties en 4 à 5 siestes. Certains nourrissons dorment un peu plus la nuit, d’autres davantage le jour, mais la tendance générale reste à cette relative symétrie.
Ce n’est qu’autour de 3 à 4 mois que le ratio sommeil nocturne/diurne commence à vraiment se modifier, avec une part croissante de sommeil la nuit. D’ici là, vouloir « forcer » un très jeune bébé à rester éveillé en journée pour espérer qu’il dorme davantage la nuit est contre-productif : la fatigue excessive entraîne généralement plus d’agitation en soirée et des réveils nocturnes plus fréquents.
Horaires de pic de pleurs : syndrome du soir entre 17h et 22h
De nombreux parents décrivent un phénomène récurrent : un bébé relativement calme en journée, mais beaucoup plus agité en fin d’après-midi et en début de soirée. Ce pic de pleurs du soir, fréquemment observé entre 17h et 22h, est considéré comme physiologique au cours des premiers mois. Il résulte probablement d’une combinaison de facteurs : accumulation de fatigue, immaturité digestive, baisse de la disponibilité des parents en fin de journée, stimulation sensorielle de la journée à intégrer.
Durant cette plage horaire, il est souvent utile de réduire les sollicitations extérieures (visites, écrans, sorties bruyantes) et de proposer un environnement plus contenu : lumière douce, portage, bercements, peau à peau, bruit blanc. Vous avez parfois l’impression d’avoir « tout essayé » sans parvenir à calmer totalement votre enfant ? Rappelez-vous que ces pleurs du soir sont transitoires, avec un pic de fréquence vers 6 à 8 semaines, puis une amélioration progressive autour de 3 mois.
Cluster feeding en fin de journée et sommeil compensatoire
En parallèle du pic de pleurs du soir, beaucoup de bébés présentent un cluster feeding en fin de journée : ils réclament le sein ou le biberon plus souvent, parfois toutes les heures, donnant l’impression d’avoir un appétit insatiable. Cette stratégie d’alimentation rapprochée permet au nourrisson de constituer une réserve énergétique et de se rassurer avant la nuit, période plus longue d’intervalle entre les tétées.
Ce phénomène peut s’accompagner d’un sommeil compensatoire un peu plus long en début de nuit, par exemple un bloc de 3 à 4 heures consécutives après 22h ou 23h. Il peut alors être intéressant d’organiser votre propre repos en fonction de ce créneau, en vous couchant tôt plutôt que de profiter systématiquement de ce moment de calme pour accomplir toutes les tâches en retard. Dans la construction d’une journée type réaliste, le sommeil des parents fait aussi partie de l’équation globale.
Besoins physiologiques et soins d’hygiène quotidiens
Au-delà du rythme sommeil-repas, la journée d’un bébé de 1 mois est ponctuée par de nombreux soins d’hygiène et de confort. Ces gestes, répétés plusieurs fois par jour, constituent autant d’occasions de contact, de dialogue et de sécurisation affective. Bien réalisés, ils contribuent au bien-être global du nourrisson et peuvent même faciliter le sommeil en réduisant les sources d’inconfort (fesse irritée, body humide, cordon douloureux).
Fréquence des changes : 8 à 10 couches par jour
Un bébé de 4 semaines mouille en moyenne 6 à 8 couches par jour et peut avoir 1 à plusieurs selles quotidiennes, selon qu’il est allaité ou nourri au lait infantile. En pratique, cela conduit souvent à 8 à 10 changes par 24 heures, parfois plus en cas de selles fréquentes. Il est recommandé de changer la couche après chaque selle et, si possible, avant ou après chaque tétée, en fonction du confort de l’enfant.
Un change régulier limite les risques d’érythème fessier et participe à une meilleure qualité de sommeil, car un siège humide ou irrité peut provoquer des réveils nocturnes répétés. Profitez de ce moment pour instaurer un petit rituel : quelques mots doux, un contact visuel, un massage rapide des jambes ou du ventre. Ces interactions simples renforcent le lien d’attachement et structurent la journée en séquences rassurantes et prévisibles.
Bain corporel : température de 37°C et durée de 5 à 10 minutes
Le bain n’a pas besoin d’être quotidien à 1 mois : 2 à 3 bains par semaine suffisent généralement, en complément d’une toilette locale (visage, cou, siège) chaque jour. L’eau doit être maintenue autour de 37°C, température proche de celle du corps, pour éviter tout refroidissement ou sensation de brûlure. Une durée de 5 à 10 minutes est amplement suffisante pour laver le nourrisson sans l’épuiser ni dessécher sa peau encore fragile.
Le moment du bain peut être intégré en fin d’après-midi ou en début de soirée dans votre journée type, comme un repère apaisant avant la nuit. Certains bébés se détendent et dorment mieux après, d’autres au contraire s’excitent un peu : à vous d’observer la réaction de votre enfant pour ajuster l’horaire. L’essentiel est de manipuler le nourrisson avec douceur, de bien le sécher (notamment dans les plis) et de maintenir la pièce à une température confortable, autour de 22°C.
Soins du cordon ombilical et surveillance de la cicatrisation
À 4 semaines, le cordon ombilical est en général déjà tombé, mais la cicatrisation peut encore être en cours. Les soins du cordon restent donc une composante importante des premiers jours et peuvent encore être d’actualité au tout début du premier mois. Les recommandations actuelles préconisent des soins simples : garder la zone propre et sèche, nettoyer délicatement avec une compresse stérile et, selon les préconisations locales, avec du sérum physiologique ou un antiseptique doux, puis bien sécher.
Surveillez l’apparition de signes anormaux : rougeur étendue de la peau autour du nombril, écoulement purulent, mauvaise odeur, fièvre. Dans ces situations, une consultation rapide s’impose. En dehors de ces cas, les soins du cordon s’intègrent naturellement aux moments de change, sans nécessiter de manipulation excessive. Peu à peu, cette zone sensible deviendra un simple cicatrice ombilicale, et vous pourrez alors profiter encore plus sereinement des câlins peau à peau, essentiels au bien-être et au bon développement de votre bébé de 1 mois.