# Chute de bébé de 6 mois du canapé : comment réagir ?

Les chutes représentent l’accident domestique le plus fréquent chez les nourrissons, avec une incidence particulièrement élevée entre 0 et 6 ans. Un bébé de 6 mois, en pleine phase de développement moteur, gigote énormément et peut facilement basculer d’un canapé, d’un lit ou de toute surface surélevée. Bien que ces incidents soient extrêmement angoissants pour vous en tant que parent, il est rassurant de savoir que plus de 95% des traumatismes crâniens chez l’enfant sont légers et ne laissent aucune séquelle. Cependant, la réaction immédiate et l’évaluation correcte de la situation restent déterminantes pour garantir la sécurité de votre enfant. À 6 mois, votre bébé possède des particularités anatomiques qui le rendent à la fois vulnérable et parfois mieux protégé : son crâne est plus malléable grâce aux fontanelles encore ouvertes, mais cette souplesse peut également masquer certaines lésions internes. Comprendre comment évaluer rapidement son état neurologique et physique vous permettra de prendre les bonnes décisions dans ces moments critiques où chaque minute compte.

Évaluation neurologique immédiate selon l’échelle de glasgow pédiatrique

L’échelle de Glasgow pédiatrique constitue l’outil de référence pour évaluer la gravité d’un traumatisme crânien chez le nourrisson. Cette échelle, adaptée aux particularités des jeunes enfants, permet d’établir un score entre 3 (très grave) et 15 (normal) en fonction de trois critères essentiels : l’ouverture des yeux, la réponse verbale et la réponse motrice. Contrairement à ce que vous pourriez penser, cette évaluation ne nécessite pas d’équipement médical sophistiqué et peut être réalisée par vous-même dans les premières minutes suivant la chute. Les premières heures étant décisives sur le pronostic, cette évaluation rapide vous aidera à déterminer l’urgence de la situation. Pour un bébé de 6 mois, l’interprétation des réactions doit tenir compte de son développement normal : à cet âge, il devrait pouvoir ouvrir spontanément les yeux, émettre des sons ou des pleurs en réponse à la douleur, et présenter des mouvements spontanés et coordonnés.

Observation du niveau de conscience et réactivité aux stimuli

Le niveau de conscience de votre bébé représente l’indicateur le plus fiable de la gravité du traumatisme. Un nourrisson qui pleure immédiatement après sa chute démontre une conscience préservée, ce qui constitue un signe rassurant. Observez attentivement si votre enfant vous regarde dans les yeux, s’il suit vos mouvements du regard et s’il réagit à votre voix. Un bébé de 6 mois devrait normalement tendre les bras vers vous, tourner la tête vers les sons familiers et manifester clairement son inconfort par des pleurs vigoureux. Si vous constatez que votre enfant reste inhabituellement silencieux, qu’il garde les yeux ouverts mais semble absent, ou qu’il ne réagit pas à vos sollicitations habituelles, il s’agit d’une urgence vitale nécessitant un appel immédiat au 15. La somnolence post-traumatique diffère du simple besoin de dormir : un enfant véritablement fatigué s’endormira progressivement après s’être calmé, tandis qu’un enfant présentant une altération de conscience semblera s’éteindre progressivement malgré les stimulations.

Vérification des pupilles et signes de commotion cérébrale

Après avoir évalué la réactivité globale de votre bébé, portez votre attention sur ses yeux. Placez-vous face à lui, dans une pièce correctement éclairée, et observez si ses pupilles sont de taille identique. Des pupilles asymétriques (l’une plus grande que l’autre) ou qui réagissent mal à la lumière peuvent être le signe d’une atteinte neurologique après une chute de canapé. Vous pouvez approcher doucement une source de lumière modérée (lampe de chevet, jamais de lumière agressive) pour vérifier si les pupilles se contractent de façon symétrique.

Les signes de commotion cérébrale chez un bébé de 6 mois sont parfois discrets. Outre les anomalies des pupilles, soyez attentif à un regard « dans le vide », à des mouvements oculaires inhabituels (yeux qui « dansent », nystagmus) ou à un refus de fixer vos yeux alors qu’il le fait habituellement. Une commotion cérébrale correspond à un trouble fonctionnel du cerveau, comparable à un ordinateur qui « plante » sans que la coque soit abîmée : extérieurement, la tête peut sembler intacte, mais le fonctionnement interne est perturbé. Si vous remarquez un de ces signes, ou si quelque chose vous semble anormal dans le regard de votre enfant, consultez sans délai aux urgences pédiatriques.

Détection des vomissements post-traumatiques et léthargie anormale

Dans les heures suivant une chute de bébé de 6 mois du canapé, la survenue de vomissements doit être surveillée de très près. Un vomissement isolé, survenant tout de suite après le choc, peut être lié au stress ou aux pleurs intenses. En revanche, des vomissements répétés, espacés dans le temps, ou qui réapparaissent plusieurs heures après la chute, peuvent traduire une augmentation de la pression à l’intérieur du crâne, signe potentiel de traumatisme crânien plus sérieux. On considère généralement que plus d’un vomissement après un choc sur la tête justifie une consultation médicale urgente.

La léthargie, c’est-à-dire un état de fatigue extrême avec difficulté à réveiller l’enfant, est un autre signal d’alerte majeur. Un bébé fatigué s’endort dans vos bras mais se réveille facilement dès que vous le stimulez, lui parlez ou le changez de position. Un bébé léthargique, lui, semble « glisser » dans le sommeil, ne réagit que faiblement aux sollicitations, et peut retomber aussitôt endormi. Si votre enfant vous paraît anormalement mou, difficile à réveiller ou moins tonique que d’habitude après sa chute, ne cherchez pas à relativiser : appelez le 15 ou rendez-vous immédiatement aux urgences.

Surveillance de la fontanelle antérieure et bombement crânien

Chez un bébé de 6 mois, la fontanelle antérieure – cette zone molle au sommet du crâne – n’est pas encore refermée. Elle constitue un excellent indicateur de la pression intracrânienne après une chute. En temps normal, cette fontanelle est légèrement creusée ou au même niveau que les os du crâne, et elle pulse parfois doucement au rythme du cœur. Passez doucement vos doigts propres sur cette zone lorsque votre bébé est calme et en position semi-assise. Une fontanelle franchement bombée, tendue comme un petit tambour, surtout si elle n’est pas liée à des pleurs intenses, doit vous alerter immédiatement.

Le bombement crânien peut également se manifester par une zone anormalement gonflée du cuir chevelu, parfois associée à un hématome (une grosse « bosse »). Chez le nourrisson, même une bosse modérée peut cacher, dans de rares cas, une fracture du crâne ou un hématome sous-jacent. Pensez à comparer les deux côtés de la tête en douceur pour repérer une asymétrie anormale. En cas de doute sur l’aspect de la fontanelle ou sur un gonflement inhabituel du crâne après une chute du canapé, un avis médical immédiat est indispensable.

Protocole d’examen physique post-chute du nourrisson

Une fois l’état neurologique de votre bébé rapidement évalué, vient le temps d’un examen physique complet, méthodique, que vous pouvez commencer à la maison avant la consultation médicale. L’objectif est de repérer d’éventuelles lésions associées à la chute de la table, du lit ou du canapé : hématomes, plaies, fractures, douleurs localisées. Pensez à cet examen comme à un « scan » visuel et tactile de la tête aux pieds, réalisé avec douceur mais sans omettre aucune zone. Cette démarche structurée vous permettra également de donner des informations précises au médecin ou au SAMU si une prise en charge urgente s’impose.

Installez votre bébé dans un environnement calme, sur une surface plane et sécurisée, de préférence bien éclairée. Parlez-lui doucement, gardez un contact visuel rassurant et, si possible, faites-vous aider par un proche pour le tenir pendant que vous observez les différentes parties de son corps. Un nourrisson de 6 mois n’est pas en mesure de vous dire où il a mal : ce sont donc ses réactions émotionnelles, ses pleurs, ses grimaces ou au contraire son immobilité qui vous guideront.

Inspection méthodique du crâne et recherche d’hématome sous-cutané

Commencez votre examen physique par la tête, qui est la partie du corps la plus exposée lors d’une chute de bébé du canapé. Regardez d’abord le cuir chevelu dans son ensemble : y a-t-il des zones rouges, des éraflures, une plaie ouverte ou des cheveux imbibés de sang ? Un saignement du cuir chevelu peut parfois être discret et se cacher sous les cheveux, d’où l’importance de bien écarter les mèches avec vos doigts. Ensuite, passez doucement vos mains sur toute la surface du crâne, en palpant avec la pulpe des doigts plutôt qu’avec le bout des ongles.

Un hématome sous-cutané se manifeste généralement par une bosse ferme, douloureuse à la pression, parfois accompagnée d’une coloration bleutée de la peau. Ce « œuf de pigeon » est impressionnant mais reste le plus souvent bénin. Cependant, chez un nourrisson de 6 mois, sa présence impose une vigilance accrue, car le crâne est plus fin et plus malléable. Si la bosse est très volumineuse, si la peau est tendue ou si vous avez l’impression que la déformation est dure, irrégulière ou « en creux » plutôt qu’en relief, il peut s’agir d’un signe de fracture. Dans ce cas, une consultation urgente s’impose, même si votre enfant semble aller relativement bien.

Palpation des sutures crâniennes et dépistage de fracture

Les sutures crâniennes sont les lignes de jonction entre les os du crâne, encore partiellement ouvertes à 6 mois. Vous pouvez les sentir en passant délicatement vos doigts sur la tête de votre bébé : elles se présentent comme de fines crêtes ou de petites dépressions. Après une chute de canapé, l’objectif n’est pas de poser un diagnostic de fracture – cela reste du ressort du médecin et de l’imagerie – mais de repérer des irrégularités flagrantes. Une zone nettement déprimée, un « escalier » osseux ou une douleur très localisée au niveau d’une suture doivent vous alerter.

Lors de cette palpation, surveillez aussi les réactions de votre bébé : se met-il à pleurer de manière soudaine lorsque vous touchez une zone précise ? Retire-t-il vivement la tête ou tente-t-il de fuir votre main ? Ces signes peuvent traduire une douleur importante et doivent être signalés au médecin. Imaginez le crâne comme une coque protectrice : toute rupture de cette coque, même microscopique, peut nécessiter des examens complémentaires pour exclure une lésion plus profonde. En cas de doute, mieux vaut consulter que passer à côté d’une fracture du crâne chez un nourrisson.

Examen des membres et détection de fracture en bois vert

Une chute de bébé de 6 mois du canapé ne concerne pas uniquement la tête : les bras, les jambes ou les clavicules peuvent également être touchés. Observez d’abord la symétrie des membres au repos : un bras qui reste constamment plaqué contre le corps, une jambe que le bébé n’utilise plus ou une épaule nettement plus basse que l’autre peuvent être des indices de fracture. Ensuite, mobilisez très doucement chaque segment : épaule, coude, poignet, hanche, genou, cheville, en surveillant les réactions de votre enfant. Un nourrisson qui présente une fracture en bois vert – typique de l’enfant, où l’os se plie sans se rompre complètement, comme une branche de jeune arbre – peut simplement manifester une douleur à la mobilisation ou refuser d’utiliser le membre.

La fracture en bois vert est souvent peu spectaculaire : il n’y a pas forcément de déformation visible, ni d’hématome important. C’est justement ce caractère discret qui la rend parfois difficile à repérer sans examen attentif ou radiographie. Si votre bébé pleure dès que vous touchez une zone précise, s’il ne bouge plus un bras ou une jambe comme d’habitude, ou si vous remarquez un gonflement localisé, consultez rapidement. L’immobilisation précoce d’une fracture chez le nourrisson permet en général une consolidation rapide, avec un excellent pronostic à long terme.

Vérification de la mobilité cervicale et risque de traumatisme rachidien

La colonne cervicale d’un bébé de 6 mois est encore fragile, et un mauvais mouvement lors d’une chute de canapé peut entraîner un traumatisisme du cou ou du dos. Avant de mobiliser la tête de votre enfant, observez sa posture naturelle : garde-t-il la tête dans une position fixe ? Refuse-t-il de tourner la tête d’un côté ? Pleure-t-il lorsqu’il essaie de regarder vers le haut ou sur le côté ? Ces signes peuvent suggérer une douleur cervicale. Pour tester la mobilité, invitez-le doucement à suivre un jouet ou votre visage, sans forcer les mouvements : laissez-le initier lui-même la rotation.

Si votre bébé semble crispé, s’il se met à pleurer dès que vous tentez de le changer de position, ou si vous suspectez une chute particulièrement violente (hauteur importante, réception sur la tête, surface très dure), évitez de le manipuler excessivement. Dans les suspicions de traumatisme rachidien, mieux vaut limiter les déplacements et appeler immédiatement les secours. Un mauvais mouvement peut aggraver une lésion initiale de la moelle épinière, même si les symptômes semblent au départ modérés. Là encore, votre intuition de parent, combinée à une observation minutieuse, est un atout précieux.

Signes d’alerte nécessitant une consultation aux urgences pédiatriques

Face à une chute de bébé de 6 mois du canapé, une question revient sans cesse : quand aller aux urgences pédiatriques ? Certains signes, immédiats ou retardés, ne doivent jamais être pris à la légère. Ils correspondent à des critères de gravité établis par les sociétés savantes et les recommandations officielles, notamment pour le traumatisme crânien du nourrisson. Les reconnaître rapidement vous permet de gagner un temps précieux et d’offrir à votre enfant une prise en charge optimale.

Gardez en tête cette règle simple : en cas de doute sérieux, l’urgence est toujours justifiée. Personne ne vous reprochera d’avoir consulté pour « rien », alors qu’un retard de prise en charge peut, à l’inverse, avoir des conséquences importantes. Les signes d’alerte ne se limitent pas au moment de la chute : ils peuvent apparaître progressivement dans les 24 à 48 heures qui suivent, d’où l’importance d’une surveillance rapprochée durant cette période.

Perte de connaissance même brève et convulsions post-traumatiques

La perte de connaissance, même très brève, constitue un critère majeur de gravité après une chute de canapé chez un bébé de 6 mois. Si votre enfant est resté inerte, prostré, sans pleurs ni mouvements pendant plusieurs secondes ou minutes après le choc, même avec les yeux ouverts, cela est considéré comme une perte de connaissance. Dans ce cas, il est impératif d’appeler immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112. La même attitude doit être adoptée si votre bébé présente des mouvements anormaux, tremblements généralisés, raideur soudaine ou « yeux révulsés » pouvant évoquer une convulsion.

Les convulsions post-traumatiques traduisent un dysfonctionnement aigu du cerveau, souvent lié à un traumatisme crânien plus sévère. Elles peuvent survenir immédiatement après la chute ou dans les heures qui suivent. En attendant l’arrivée des secours, ne tentez pas de retenir les mouvements de votre enfant et ne mettez rien dans sa bouche. Allongez-le sur le côté si possible, pour éviter les fausses routes en cas de vomissements, tout en maintenant l’axe tête-cou-dos le plus droit possible. Ce type de situation est impressionnant, mais une prise en charge rapide améliore considérablement le pronostic.

Céphalées persistantes et pleurs inconsolables du nourrisson

Chez un bébé de 6 mois, il n’est évidemment pas possible de verbaliser un mal de tête, mais certains comportements peuvent vous mettre sur la piste. Un nourrisson qui se touche fréquemment la tête, qui se frotte le front ou la nuque, qui gémit de manière répétée lorsque vous le portez en position verticale peut souffrir de céphalées post-traumatiques. Ces douleurs sont souvent le reflet d’une commotion ou d’un traumatisme crânien plus sérieux, surtout si elles s’accompagnent d’autres signes comme des vomissements, une hypersensibilité au bruit ou à la lumière, ou une irritabilité marquée.

Les pleurs inconsolables constituent un autre signal d’alerte. Il est normal qu’un bébé pleure après une chute de canapé : la peur, la surprise et parfois la douleur justifient quelques minutes de pleurs intenses. En revanche, si votre enfant continue de pleurer de façon aiguë, impossible à calmer, pendant plus de 30 minutes malgré vos câlins, la tétée, le change ou les bercements, il est prudent de consulter. Ces pleurs peuvent être l’expression d’une douleur intracrânienne, d’une fracture ou d’une autre lésion douloureuse que vous n’avez pas identifiée.

Écoulement de liquide céphalo-rachidien ou otorragie

Certaines manifestations physiques sont plus rares, mais hautement évocatrices d’un traumatisme crânien grave. C’est le cas de l’écoulement de liquide clair ou rosé par le nez, les oreilles ou la bouche après une chute de bébé du canapé. Ce liquide peut être du liquide céphalo-rachidien, qui entoure normalement le cerveau et la moelle épinière, et dont la fuite suggère une fracture de la base du crâne. De même, la présence de sang dans le conduit auditif (otorragie), sans plaie extérieure de l’oreille, doit alerter immédiatement.

Vous pouvez également observer, dans les heures qui suivent, des ecchymoses inhabituelles autour des yeux (aspect de « lunettes ») ou derrière une oreille (signe de Battle), indices tardifs possibles de fracture de la base du crâne. Face à ces signes, ne nettoyez pas de façon agressive, ne tentez pas de boucher l’écoulement et ne mettez aucun produit dans l’oreille ou le nez. Appelez sans attendre les secours : ces symptômes imposent un examen hospitalier en urgence, avec imagerie adaptée.

Troubles du comportement et somnolence excessive dans les 48 heures

Certains signes de traumatisme crânien ne sont pas immédiatement visibles après la chute, mais apparaissent dans les heures ou les jours suivants. C’est le cas des troubles du comportement : bébé inhabituellement grognon, irritable, qui sursaute au moindre bruit, ou au contraire très apathique, qui ne sourit plus, ne joue plus, se désintéresse de son environnement. Vous connaissez mieux que quiconque le tempérament habituel de votre enfant : si vous avez l’impression qu’il « n’est pas comme d’habitude » depuis sa chute, prenez cette impression au sérieux.

La somnolence excessive est particulièrement préoccupante. Il est normal qu’un nourrisson de 6 mois dorme plusieurs heures par jour, mais un changement brutal de son rythme (siestes beaucoup plus longues, réveils difficiles, besoin de dormir en dehors de ses horaires habituels) doit vous interpeller. Les recommandations actuelles suggèrent de surveiller attentivement l’enfant pendant au moins 24 à 48 heures après un traumatisme crânien léger. Si, durant cette période, vous constatez une somnolence anormale, des difficultés à le réveiller, ou s’il se rendort immédiatement après chaque stimulation, consultez en urgence.

Protocole de surveillance domiciliaire selon les recommandations HAS

Lorsque la chute de votre bébé de 6 mois du canapé a été jugée bénigne par un médecin, ou si aucun signe de gravité n’est présent, une surveillance à domicile reste indispensable. Les recommandations françaises, et notamment celles de la Haute Autorité de Santé (HAS), insistent sur l’importance de cette observation rapprochée dans les 24 à 48 heures suivant le traumatisme. Vous devenez, en quelque sorte, le « sentinelle » de votre enfant : votre rôle est de détecter le moindre signe inhabituel et de ne pas hésiter à reconsulter si nécessaire.

Concrètement, il est conseillé de garder votre bébé auprès de vous la première journée, d’éviter les déplacements inutiles et de limiter les stimuli excessifs (écrans, bruit, manipulations brusques). Notez mentalement – ou par écrit si cela vous rassure – les horaires de ses repas, de ses siestes, la fréquence de ses pleurs et ses réactions habituelles. Cette « ligne de base » vous permettra de repérer plus facilement un changement de comportement après sa chute.

  • Durant les 6 premières heures, laissez votre bébé dormir s’il en a besoin, mais réveillez-le toutes les 2 à 3 heures pour vérifier qu’il se réveille normalement (regard, pleurs, mouvements habituels).
  • Au-delà de 6 heures, si tout est normal, vous pouvez le laisser dormir selon son rythme habituel, en allant le voir une à deux fois dans la nuit pour vérifier sa respiration et sa réactivité à une stimulation douce.

Pendant ces 48 heures, observez attentivement la survenue de vomissements, de fièvre inexpliquée, de pleurs inhabituels ou de troubles du comportement. Évitez de donner de l’aspirine ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens sans avis médical, car ils peuvent augmenter le risque de saignement et masquer certains symptômes. En cas de douleur, le paracétamol, administré selon le poids et les recommandations de votre pédiatre, reste l’antalgique de référence. Si un signe d’alerte apparaît, même tardivement, ne restez pas dans le doute : consultez ou appelez le 15.

Indications et limites de l’imagerie médicale chez le nourrisson

Face à une chute de bébé de 6 mois du canapé, de nombreux parents demandent spontanément une radio ou un scanner « pour être sûrs ». Pourtant, l’imagerie médicale chez le nourrisson n’est pas systématique, même après un traumatisme crânien. Les recommandations actuelles privilégient une approche raisonnée, basée sur des critères cliniques précis, afin d’éviter une exposition inutile aux rayonnements ionisants, potentiellement plus nocifs chez les tout-petits. Le rôle du médecin est d’évaluer la balance bénéfices/risques et de décider, avec vous, de la meilleure stratégie.

Le scanner cérébral est l’examen de référence en cas de suspicion de traumatisme crânien grave, notamment en présence de perte de connaissance, de vomissements répétés, de troubles neurologiques ou de signes de fracture. Il permet de visualiser en quelques minutes d’éventuelles hémorragies, fractures ou lésions intracrâniennes. Toutefois, il expose le cerveau en développement de votre enfant à une dose non négligeable de rayons X. C’est pourquoi, en cas de chute mineure sans signe d’alerte, les équipes médicales privilégient souvent la surveillance clinique, parfois en milieu hospitalier, plutôt qu’un scanner d’emblée.

La radiographie simple du crâne, autrefois très utilisée, est aujourd’hui beaucoup moins prescrite dans le cadre des traumatismes crâniens légers de l’enfant. Une radio normale n’exclut pas une lésion cérébrale, et une radio anormale (fracture) conduit généralement à la réalisation d’un scanner pour mieux évaluer les conséquences intracrâniennes. Dans certains cas spécifiques, d’autres techniques d’imagerie, comme l’échographie transfontanellaire (profitant de la fontanelle encore ouverte) ou l’IRM, peuvent être discutées, mais elles nécessitent des conditions particulières et ne sont pas utilisées en première intention après une simple chute de canapé.

En résumé, ce n’est pas à vous de décider si un scanner ou une radio est nécessaire, mais bien à l’équipe médicale, après un examen détaillé. Votre rôle essentiel est de fournir des informations précises sur la chute (hauteur, type de sol, position de l’enfant, réactions immédiates) et sur les symptômes observés depuis. C’est sur cette base que le médecin pourra appliquer les protocoles validés internationalement et choisir, au cas par cas, entre simple surveillance, observation hospitalière et imagerie.

Prévention des récidives et aménagement sécuritaire de l’espace de vie

Une fois la frayeur passée et votre bébé de 6 mois rassuré, se pose une autre question clé : comment éviter qu’une chute de canapé ne se reproduise ? La prévention des accidents domestiques repose sur deux piliers complémentaires : l’aménagement de l’environnement et l’adaptation de vos habitudes quotidiennes. Rappelez-vous qu’à 6 mois, un nourrisson n’a aucune conscience du danger, mais des capacités motrices en plein essor : il roule, pivote, commence parfois à ramper. Cette combinaison le rend extrêmement imprévisible pour un adulte.

La règle de base est simple, mais fondamentale : ne jamais laisser un bébé seul sur une surface en hauteur, même quelques secondes, même si vous pensez qu’il ne sait « pas encore » se retourner. Table à langer, canapé, lit d’adulte, chaise haute, transat posé sur une table… toutes ces situations comportent un risque de chute, parfois sous-estimé. Privilégiez dès que possible les changes et jeux au sol, sur un tapis épais ou un matelas de jeu, plutôt que sur des surfaces surélevées. Ainsi, même s’il roule, le risque de blessure est considérablement réduit.

  1. Sécuriser les zones à risque : installez des barrières en haut et en bas des escaliers, des bloque-fenêtres, et éloignez les meubles pouvant servir de marchepied près des fenêtres ou balcons.
  2. Adapter le mobilier : vérifiez la stabilité des canapés, chaises hautes et transats, attachez systématiquement les harnais et respectez les limites de poids et d’âge indiquées par les fabricants.

Pensez également à votre propre organisation : gardez à portée de main tout ce dont vous avez besoin lors du change (couches, lingettes, vêtements) pour ne pas avoir à vous éloigner de votre bébé. Si vous devez répondre au téléphone, ouvrir à quelqu’un ou aller chercher un objet dans une autre pièce, emportez votre enfant avec vous ou installez-le en sécurité dans son lit ou son parc. Cela peut sembler contraignant au quotidien, mais ces réflexes deviennent vite automatiques et réduisent drastiquement le risque de chute domestique.

Enfin, ne négligez pas l’aspect émotionnel. Une chute de bébé du canapé peut générer un fort sentiment de culpabilité chez les parents. Rappelez-vous que ces accidents sont fréquents et qu’ils ne font pas de vous un « mauvais parent ». L’important est d’en tirer des enseignements : ajuster votre environnement, renforcer votre vigilance dans les situations à risque et, si besoin, suivre une formation de premiers secours pédiatriques pour vous sentir plus armé face aux imprévus. Vous ne pourrez pas empêcher toutes les petites chutes de la vie, mais vous pouvez en limiter la gravité et, surtout, apprendre à réagir de façon sereine et efficace lorsque cela arrive.